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Retour vers le futur dans les vignobles

Par David Cogan

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Labour sur la Côte de Beaune
Photo : © Dorie Greenspan

Pour beaucoup, l’avenir du vignoble bourguignon réside dans l’application de méthodes de viticulture pratiquées jadis. De plus en plus de vignerons s’y intéressent et remettent en pratique des méthodes de viticulture pérennisées dans le passé. Leur objectif est de produire des vins de qualité tout en utilisant des moyens de production respectant l’environnement. La vue d’un cheval labourant les vignes en Côte de Nuits n’est pas encore complètement banalisé, mais ce n’est désormais plus une raison de s’arrêter et de le contempler avec étonnement. La plupart des méthodes anciennes ne sont pas aussi spectaculaires. Souvent, il s’agit seulement de ne pas recourir à certaines pratiques.

Des vignerons accros et leurs pourvoyeurs de pesticides

Dans les années 70, on s’est mis à utiliser des tonnes de désherbants chimiques, de pesticides et de fongicides afin de maîtriser la pousse de l’herbe dans les vignes, les attaques des insectes et le développement de maladies.

La relation que le vigneron entretenait avec son fournisseur de produits chimiques s’apparentait presque à celle d’un addicté avec son dealer. Plus il utilisait de produits chimiques, plus il avait besoin d’en utiliser. Les sols dépouillés de micro-organismes naturels privaient les vignes de leurs défenses naturelles. Il n’y avait alors plus que la solution d’utiliser davantage de substances chimiques pour éloigner larves et mauvaises herbes.

Le changement s’est opéré au milieu des années 90. C’est grâce au travail d’agronomes, comme Claude Bourguignon et Cyrille Bongiraud qu’une salutaire prise de conscience de l’importance de la vie des sols a vu le jour. C’est après avoir travaillé au Domaine de la Romanée Conti, observé et étudié l’étroite relation entre vigne et sol, que Bongiraud décida de rassembler un groupe de viticulteurs bourguignons soucieux d’en savoir plus sur la vie et la gestion des sols, l’expression du terroir et les techniques permettant de les préserver. Les participants comptaient parmi les meilleurs producteurs de vins rouges et de vins blancs. Des dizaines de domaines de qualité se sont associés depuis pour lutter contre l’introduction de plants et de micro-organismes génétiquement modifiés, y compris des levures. Parmi les vignerons participant, on trouve de grands noms de la viticulture.

Des techniques de viticulture utilisées par leurs arrière-grands-pères

Au lieu d’utiliser des engrais chimiques, les vignerons font des apports de fumier et de composte dans les vignobles. Et au lieu de traiter le vignoble avec des pesticides, ils encouragent la biodiversité, en faisant pousser d’autres plantes dans et autour des vignes. Cela permet de préserver l’état du sol en attirant une flore et une faune qui seront bénéfiques au vignoble (insectes, araignées et mites). Ces plantes fournissent nourriture (pollen et nectar) et abri aux insectes bienfaiteurs ce qui permet de réduire, voire d’éliminer l’utilisation d’insecticides et de pesticides. 

Certains vignerons labourent leurs vignes afin de contenir la croissance de l’herbe dans les vignes. Malgré le passage du cheval, le labour ne tasse pas autant la terre qu’un tracteur. De plus, les déchets laissés par un cheval dans les vignes constituent un excellent engrais, ce qui n’est évidemment pas le cas pour les émanations d’un tracteur ! Avec une charrue tirée par un cheval, le vigneron retourne la terre avec précision et risque moins d’endommager les pieds de vigne. Environ une centaine de chevaux est utilisée en France pour le labour dans les vignes, essentiellement en Bourgogne. La vendange manuelle est aussi privilégiée dans de nombreux domaines. Le traitement des vignes par hélicoptère est désormais interdit en Bourgogne.

On peut aussi favoriser la biodiversité de façon purement biologique en s’appuyant sur les minéraux existant dans les sols et sur les plantes qui poussent naturellement, sans apporter de résidus. On laisse alors l’herbe et les « mauvaises herbes » pousser à leur guise jusqu’à ce qu’on les fauche à intervalle régulier, puis on les laisse pourrir sur place où elles deviennent un engrais naturel.

Certification biologique et méthode biodynamique

Plusieurs organisations fournissent des certifications pour la viticulture. Une accréditation en agriculture biologique résulte d’un parcours long et fastidieux. Alors que probablement plus de la moitié des vignerons bourguignons appliquent les grands principes de l’agriculture biologique, tous ne sont pas prêts à se soumettre à la certification. Beaucoup trouvent que la charte de l’agriculture biologique est trop contraignante et qu’elle oblige à utiliser des fongicides à base de cuivre ou de soufre (mauvais pour l’environnement) au lieu de pesticides de synthèse.

De plus en plus de vignerons ont adopté une approche pragmatique alliant une certaine prise en compte de la protection de l’environnement avec l’objectif de produire des vins de qualité, complexes et à forte typicité. La démarche de lutte raisonnée prône l’utilisation minimale de produits de traitement. Elle intègre les objectifs économiques du vigneron en estimant les risques et tout en respectant l’environnement. Les vignes sont traitées chimiquement seulement si le besoin s’en fait sentir et avec les produits les moins nuisibles à l’environnement. Les désherbants chimiques ne sont pas utilisés. Les traitements se font au souffre, mais pas sous forme de poudre, ce qui est nocif à l’homme.

La « biodynamie » va encore plus loin dans le respect de la nature. S’appuyant sur les travaux du philosophe allemand Rudolf Steiner, cette approche constitue une branche de l’agriculture biologique. L’accent est mis sur la fertilité du sol et les théories cosmiques d’astronomie. C’est peut-être plus une question de conviction qu’une méthode scientifique en viticulture. On tient compte de la position de la lune devant les constellations pour la culture du vignoble et pour la vinification.

Read “Back to the future in the vineyards” in English.

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