
La Bourgogne romane depuis l’an 1001
Par Laurence Cogan
La Bourgogne est fameuse pour sa tradition viticole et gastronomique, mais elle est aussi célèbre pour ses trésors romans. Comment peut-on expliquer une telle prolifération d’églises et d’abbayes romanes ? Aux environs de l’an 1000, l’Eglise décida d’affirmer son pouvoir et la vie monastique commença à prospérer. Peu de temps après, l’Abbaye de Cluny allait à briller comme un phare dans le monde chrétien. Cette spiritualité exacerbée incita la construction d’églises, d’abbayes, de cathédrales et de chapelles dans presque chaque ville et village. A travers toute la Bourgogne, l’art roman a été gravé en lettres d’or dans le registre des trésors historiques.
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Les gemmes de cette période sont célèbres dans le monde entier. Cluny, Cîteaux, Paray-le-Monial, Fontenay, Saint-Père-en-Vézelay, La Charité-sur-Loire, Pontigny, Autun, Tournus. Plus modestes, mais tout aussi charmantes, plus de 250 églises en Saône et Loire témoignent du génie de leurs maîtres d’œuvre : Anzy-le-Duc, Semur-en-Brionnais, Berzé-la-Ville.
L’origine de l’architecture romane bourguignonne
L’architecture de style roman fut introduite en Bourgogne par Guillaume de Volpiano qui arriva à Cluny en 987. Il commença la construction de la basilique de Saint-Bénigne de Dijon en 1001 et, l’année suivante, il fonda l’Abbaye du Bec, en Normandie. A partir de là, l’art roman partit à la conquête de l’Angleterre et il fut connu sous le nom d’architecture normande. L’art roman fut l’architecture des franc-maçons, une combinaison de formes triangulaires et circulaires, simples, satisfaisantes et solides. Ses arches circulaires créaient toutefois des problèmes en produisant une pression extérieure sur les murs. L’introduction des toitures voûtées concentra la masse sur les piliers qui pouvaient être soutenus par des contreforts.
De nombreuses églises bourguignonnes abritèrent le corps des saints et furent des lieux de pélerinage. Le saint était enterré dans la crypte et les plans qui lui étaient destinés, conçus pour permettre aux pélerins de circuler autour du sanctuaire, déterminèrent la forme de l’église du dessus. Les dimensions de l’église se basaient sur les intervalles musicaux, probablement pour fournir une bonne acoustique afin que les voix puissent s’entendre dans l’immense édifice. Le nombre de baies, absides, etc.. a une signification symbolique, cinq étant le nombre privilégié. Ces sanctuaires se transformèrent en monastères pour les pélerins, et les monastères devinrent plus grands et plus importants. Les cisterciens, de Citeaux, fondèrent près de mille prieurés et monastères dans une grande partie de l’Europe, et d’autres ordres, comme les bénédictins et les clunisiens, suivirent leur exemple.
Un élément de réalisme émergeait en parallèle
Saint Bernard écrivit sur l’importance accordée à la lumière et à la simplicité des églises pour empêcher toute distraction. L’effet de la lumière dans les églises romanes obscures mit en avant la force des formes simples de pierre. Le chapiteau des piliers, à l’origine simple point de transition entre le pilier arrondi et la voûte carrée, fut par la suite gravé avec décor et feuillage d’une grande variété et humour touchant les thèmes perpétuels, pas nécessairement la religion.
L’art de la période romane fut également caractérisé par un important renouveau des formes monumentales, notamment de la sculpture et des fresques, qui se développèrent en proche association avec la décoration architecturale et exposèrent une forte, et souvent sévère, qualité structurelle. En même temps, un élément de réalisme émergeait en parallèle avec le premier épanouissement de la littérature vernaculaire. Il s’exprimait sous la forme d’une constatation directe et naïve de certains détails de la vie de tous les jours et par une accentuation exacerbée de l’émotion et de la fantaisie. Pour de nombreux aspects de sa riche imagination, l’art roman s’appuya sur l’héritage de l’art de l’antiquité et du Moyen-Age, tandis que le prestige de l’art byzantin demeura important aux yeux de l’Occident. Les pélerinages et les Croisades contribuèrent à un élargissement sans précédent du vocabulaire formel à travers le développement de contacts plus rapprochés entre les cultures régionales et les peuples lointains.
La majesté du Christ
Les premiers monuments importants de la sculpture romane furent créés pendant la dernière décennie du XIème siècle et la première décennie du XIIème siècle. La plupart des sculptures furent accréditées par les moines qui vivaient dans les abbayes. En Bourgogne, les thèmes représentés sur les tympans des églises, comme Vézelay et Autun, accentuèrent la majesté du Christ en tant que maître et juge de l’univers. Ils montraient souvent de terrifiants spectacles en enfer.
Pour de plus amples détails sur l’art roman de la Bourgogne, veuillez consulter les Monuments historiques dans notre répertoire Visites.
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