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La construction du Canal de Bourgogne commença en 1775

Par Anna Majewska

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Alain Doire - CRT BourgogneAlain Doire

Six cents terrassiers donnent les premiers coups de pioche du côté de Laroche, sous la direction de Laversine, entrepreneur de travaux publics. L’année suivante, l’œuvre continue à Brienon, Saint-Florentin, Flogny, Germigny… Mais il faut attendre le mois de septembre 1783 pour que le roi donne l’autorisation de creuser le canal entre Dijon et Saint-Jean-de-Losne. Les travaux de déblais sont confiés à Jacques Montagne, pionnier du Puy-en-Velay. L’armée vient souvent prêter main-forte aux entrepreneurs.

La main-d’œuvre afflue de partout. A côté des manœuvres locaux, on trouve des gens venus du nord du pays, des maçons de la Creuse et, plus tard, après la Révolution, des ouvriers sans emploi envoyés par la municipalité de Paris : orfèvres, doreurs, émailleurs, bijoutiers… Tout ce monde est employé à construire des batardeaux*, élever des digues, damer le sol, extraire la terre, la véhiculer à l’aide de hottes et de charrettes.. Toutefois, les supérieurs “auront pour les ouvriers tous les égards dus à des hommes leurs semblables ; ils ne se permettront jamais d’user envers eux dans le commandement de termes durs et humiliants, ils les traiteront au contraire avec douceur et bonté”.

Les ouvriers sont organisés en ateliers de cent personnes chacun, dirigés par un ingénieur ou un élève du corps des Ponts et chaussées, un chef, un sous-chef et un piqueur. Les contrats passés après adjudication, précisent les engagements de l’entrepreneur. “Les métrés et décomptes des ouvrages seront réglés et arrêtés contradictoirement avec le tâcheron, à la fin de chaque mois, par le conducteur-régisseur des travaux. Le montant des décomptes partiels lui sera payé tous les mois, sauf le dixième qui lui sera retenu en garantie de la bonne exécution des travaux. Ce dixième de retenue ne sera soldé qu’à la fin de l’entreprise, après réception définitive des ouvrages, laquelle devra être faite par l’ingénieur ordinaire, un mois après leur entière exécution. “L’entrepreneur doit fournir le nombre d’ouvriers nécessaires à l’exécution des tâches et il est responsable d’eux. Il est obligé de renvoyer “tout ouvrier malhabile, négligent ou malhonnête, à la première réquisition qui lui en sera faite par le conducteur-régisseur” . Il reste à sa charge le paiement des ouvriers à la fin du mois, de leur nourriture, des outils… « Les équipages, voitures, ustensiles et outils de toute espèce, seront fournis par le tâcheron, à moins qu’il ne soit autrement stipulé dans la présente soumission » .

Le décret impérial du 18 juin 1809 précise l’emploi des prisonniers de guerre dont quinze bataillons exécuteront des travaux de Ponts et chaussées. Les prisonniers de guerre espagnols et autrichiens seront occupés aux terrassements. Ils seront organisés en bataillons sous la surveillance d’une brigade de gendarmerie à cheval et travailleront pour le compte des entrepreneurs. Le travail commencera au lever du soleil, après un repas et s’arrêtera de onze heures à midi entre le mois de novembre et la fin de février. Puis, ils se remettront au travail jusqu’au coucher du soleil. Depuis mars jusqu’au mois de novembre, ils se reposeront trois fois par jour. Pour les loger, des baraques en colombage et pisé, couvertes de chaume et disposées selon un plan panoptique, sont construites.

La discipline et l’ordre obligent. Les vêtements aussi. Tous les prisonniers de guerre seront habillés de la même étoffe de tricot bleu ciel grâce aux bons soins d’un tailleur attaché à l’atelier. Chacun aura droit à une veste avec le collet et les parements noirs et ornée de vingt boutons blancs portant, au pourtour, l’inscription “prisonnier de guerre” et le numéro du bataillon. Un gilet avec six boutons identiques à ceux de l’habit sera confectionné dans la même étoffe, ainsi qu’un pantalon doublé en toile jusqu’au genou. Une calotte de couleur et d’étoffe assorties au reste, sera garnie d’un turban en tricot noir. À tout cela s’ajoutent une veste croisée en treillis ou en coutil écru, garnie en toile pour le travail, et un pantalon de la même espèce. “Leur petit équipement sera composé : 1° de deux chemises de toile forte, qui puissent supporter la fatigue des travaux ; 2° de deux paires de souliers garnis de clous ; 3° d’une paire de guêtres de mêmes couleur et étoffe que l’habit. La durée de l’habillement sera de 18 mois et celle du petit équipement d’une année”  . Un règlement draconien régit leur vie. L’article 4 précise que “tout prisonnier qui se refusera au travail sans une cause légitime, sera puni de huit jours de prison (…) et en cas de récidive renvoyé au dépôt”.

L’emploi des prisonniers pose de sérieux problèmes, surtout dans l’Yonne, touchée par la pénurie. Le pain manque, de même que les produits indispensables pour la préparation de la soupe à la Rumfort : pommes de terre, haricots…  Les prisonniers privent les malheureux de l’Yonne de l’emploi qu’ils espèrent trouver pendant la saison morte. Ils occupent les places dans les hôpitaux de Tonnerre et de Saint-Florentin. Les conditions de vie précaires, le manque de vêtements et de chaussures aggravent leurs problèmes de santé. Le 28 février 1812, dans son rapport au préfet, Sutil déclare que sur “341 hommes, 142 sont dans les hôpitaux, 90 ont la gale, etc. Il y a 109 hommes en état de travailler.”

L’Auteur

Anna Majewska est l’auteur du livre « Au rythme de l’eau » sur le Canal de Bourgogne, un voyage dans le temps et dans l’espace, une série d’images pleines de vie, ce sont des pages remplies de petites histoires et d’anecdotes qui, comme des taches de couleurs, animent le récit. Il est le résultat des mois passés sur le terrain en quête de témoignages divers et d’images (photos) qui fixent un instant de la beauté d’un site, l’émotion d’une rencontre, un moment fugitif…

D’autres infos liées au Canal de Bourgogne

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Une carte des VNF, montrant près de 1 200 kilomètres (750 miles) de rivières et canaux de Bourgogne, se trouve sur notre page d’infos pratiques pour se rendre en Bourgogne « S’y rendre » – La Bourgogne par canal et en vélo. Lire aussi notre article : « 1200 km de voies d’eau pour traînasser dans une barque ».

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